Cadre des discours sur l’orientation

Prompt d’analyse de la structure d’argumentation des discours portant sur l’orientation

Version 2, 3 mai 2026.

§ 1. Objet et usage de l’outil

Cet outil sert à analyser la structure d’argumentation des discours portant sur l’orientation. Il prend pour critère organisateur l’agentivité : qui agit sur qui, dans quel espace institutionnel, avec quelle légitimité ? À partir de ce critère, il distingue trois pôles entre lesquels les textes répartissent leur matière, et examine comment chaque texte particulier opère, ou n’opère pas, les articulations possibles entre ces pôles.

L’outil repose sur une hypothèse de l’auteur. L’articulation entre ces trois pôles caractériserait la manière dont le champ de l’orientation est pensé en France. Cette hypothèse est ce qui justifie l’usage du cadre sur des textes de provenance variée, et non sur les seuls textes officiels. Elle est posée ici comme hypothèse de travail, ouverte à confirmation ou révision par l’usage de l’outil.

Cette hypothèse est tenue avec un degré de certitude variable selon le domaine. Dans le domaine scolaire, où l’État est l’organisateur quasi unique, le cadre des trois pôles s’applique sur un terrain stabilisé. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, où interviennent des établissements à autonomie variable et où l’orientation se confond en partie avec la sélection, l’hypothèse devient exploratoire. Dans le domaine de l’orientation professionnelle et de la formation continue, où le pôle I est lui-même un écosystème pluriel (État, employeurs, branches, opérateurs, financeurs), l’hypothèse demande à être éprouvée et possiblement reformulée. L’outil reste applicable aux trois domaines, mais le pôle I devra y être qualifié explicitement, étape par étape, dans les sections d’analyse (§ 4 et § 5).

L’outil est descriptif. Il cartographie un profil d’articulation, il ne juge pas si le document est bon ou mauvais. Sa sortie est une caractérisation : où le texte va, où il s’arrête, ce qu’il peut dire, ce qu’il peut prescrire.

Le champ d’application est étendu. Il couvre les textes officiels et leurs commentaires, les textes d’acteurs et leurs débats, les contributions savantes, les écrits professionnels et les témoignages, et plus généralement tout texte qui prend l’orientation pour objet, dans le domaine scolaire, dans l’enseignement supérieur ou dans le domaine de l’orientation professionnelle et de la formation continue.

Deux modes d’usage sont prévus.

Mode appelé. L’outil est déclenché par le PROMPT TESTEUR V2 lorsque le document soumis relève du domaine de l’orientation. Le PROMPT TESTEUR a alors qualifié le profil du document et orienté vers cet outil parmi d’autres possibles. Dans ce cas, on saute l’auto-diagnostic du § 2 et on entre directement à l’analyse.

Mode autonome. L’outil est appelé directement, sans passer par le PROMPT TESTEUR. Dans ce cas, l’auto-diagnostic du § 2 s’exécute en premier. Il vérifie que le cadre est pertinent pour le document soumis. S’il ne l’est pas, l’outil le signale et n’engage pas l’analyse.

L’outil dialogue avec d’autres prompts du module analytique de mode 2, sans s’y substituer ni s’en doublonner. Le § 8 précise comment.

§ 2. Auto-diagnostic de pertinence (mode autonome uniquement)

Cette section ne s’exécute que si l’outil est appelé directement, sans passer par le PROMPT TESTEUR. En mode appelé, sauter cette section et passer au § 3.

L’auto-diagnostic vérifie que le cadre est pertinent pour le document soumis. Il ne s’agit pas de juger si le document est intéressant ou s’il vaut d’être analysé, mais de vérifier que la grille à trois pôles peut effectivement s’appliquer à lui. Un cadre appliqué hors de son domaine produit des analyses formellement correctes mais analytiquement vides.

L’auto-diagnostic vérifie l’applicabilité formelle du cadre. Il ne préjuge pas de la solidité de l’hypothèse selon le domaine du texte (scolaire, supérieur, professionnel). Cette gradation, posée au § 1, sera prise en charge plus loin dans les sections d’analyse, où le pôle I sera qualifié explicitement.

L’auto-diagnostic se déroule en deux temps. D’abord, examen interne du document sur quatre questions. Ensuite, restitution à l’auteur sous forme d’un encadré court, avec recommandation et demande de validation.

Premier temps. Sur la base d’une lecture rapide du document, Claude se pose les quatre questions suivantes. Pour chacune, il formule une réponse brève appuyée sur des éléments concrets du texte (occurrences, formulations, passages saillants).

Question 1. L’orientation est-elle un objet du texte, et non une simple mention incidente ? Un texte qui mentionne l’orientation sans en faire un thème de travail ne relève pas du cadre.

Question 2. Le texte engage-t-il une personne en situation d’orientation à un titre quelconque, comme objet d’une décision, comme sujet d’une action, comme bénéficiaire d’un dispositif ? Un texte qui parle d’orientation sans jamais y inscrire une personne (par exemple un texte purement gestionnaire ou statistique) ne relève qu’imparfaitement du cadre.

Question 3. Au moins deux des trois pôles sont-ils mobilisés, explicitement ou en arrière-plan ? Un texte qui n’en mobilise qu’un seul peut être analysé, mais le profil d’articulation y est trivial. La question est alors de savoir si l’analyse présente un intérêt. Pour cette question, se référer au § 3 qui définit les trois pôles.

Question 4. Le texte porte-t-il une charge argumentative, prescriptive, descriptive ou réflexive sur l’orientation, et non une simple présentation technique ou administrative ? Un texte purement informatif (un calendrier, une notice de procédure isolée de tout discours d’accompagnement) tombe hors du cadre.

Second temps. Claude restitue le résultat à l’auteur sous le format suivant.

Auto-diagnostic de pertinence

Document examiné : [titre, date, source].

Question 1 (l’orientation comme objet) : [réponse brève].

Question 2 (engagement d’une personne) : [réponse brève].

Question 3 (pôles mobilisés) : [réponse brève].

Question 4 (charge discursive) : [réponse brève].

Diagnostic : [pertinent / non pertinent / pertinence partielle].

Recommandation : [poursuivre l’analyse / ne pas appliquer le cadre / appliquer le cadre avec une précaution explicite].

Validez-vous ce diagnostic ?

Trois cas de figure président aux trois branches possibles.

Cas 1 : pertinence claire. Les quatre questions reçoivent une réponse positive. Claude recommande de poursuivre et attend la validation pour passer au § 3.

Cas 2 : pertinence partielle. Une ou deux questions reçoivent une réponse nuancée ou négative, sans que la pertinence soit ruinée pour autant. Claude présente la nuance, propose de poursuivre avec une précaution méthodologique explicite (par exemple : « le cadre s’appliquera, mais le pôle II est traité ici à un niveau si général que la cartographie risque d’être asymétrique »), et attend la validation.

Cas 3 : non-pertinence. Plusieurs questions reçoivent une réponse négative, ou une réponse fortement négative (l’orientation n’est pas un objet du texte, ou aucun pôle n’est mobilisé). Claude formule un message de non-pertinence sur le modèle suivant.

Le cadre des discours sur l’orientation ne semble pas pertinent pour ce document. La raison principale est : [formulation brève qui pointe la ou les questions négatives]. L’analyse, si elle était engagée, produirait probablement une cartographie vide ou très déséquilibrée.

Plusieurs alternatives sont possibles. Si vous pensez que le document mérite une analyse mais selon une autre grille, le PROMPT TESTEUR V2 peut vous orienter vers un autre prompt du module 2. Si vous pensez que le cadre s’applique malgré le diagnostic, indiquez-le et l’analyse sera conduite, en consignant le désaccord dans la sortie.

Souhaitez-vous arrêter, changer d’outil, ou forcer l’application ?

Le principe général est que l’auto-diagnostic propose et que l’auteur tranche. Le diagnostic n’engage pas une décision automatique. Il rend visible un état des lieux et restitue la main.

§ 3. Critère organisateur et trois pôles

Le cadre repose sur un critère organisateur unique : l’agentivité. Ce critère se formule comme une triple question. Qui agit sur qui ? Dans quel espace institutionnel l’action a-t-elle lieu ? Avec quelle légitimité l’acteur agissant intervient-il ?

Cette triple question s’applique à tout passage d’un texte qui parle d’orientation. Elle permet de répartir les énoncés du texte entre trois pôles selon la position que la personne y occupe : objet, sujet, ou bénéficiaire. Cette répartition n’est pas un classement moral des positions, c’est une cartographie des registres dans lesquels le texte fait apparaître la personne. Un même texte mobilise généralement plusieurs registres, parfois successivement, parfois dans le même paragraphe, parfois dans une même phrase.

Pôle I. Le pôle I désigne les mécanismes par lesquels l’institution détermine les trajectoires. La personne y est objet d’une décision. L’agent du pôle I n’est pas la personne, il est un dispositif d’allocation, une procédure d’affectation, une instance collective de décision, une règle, un calendrier, une capacité d’accueil. L’institution agit sur la personne, et la personne en reçoit l’effet.

Exemples canoniques pour le domaine scolaire : conseil de classe, Affelnet, Parcoursup, hiérarchie sociale et territoriale des filières, capacités d’accueil, calendrier institutionnel. Pour l’enseignement supérieur : sélection à l’entrée des établissements, prérequis, capacités d’accueil, jurys d’admission, classements. Pour le domaine professionnel et la formation continue : règles d’éligibilité aux dispositifs (CPF, CPF de transition, AIF), critères de recrutement, conventions collectives, accords de branche, décisions employeur.

La configuration du pôle I varie selon le domaine. Cette variation est prise en charge au § 4.

Pôle II. Le pôle II désigne l’agentivité de la personne dans son orientation. La personne y est sujet de l’action. L’agent du pôle II est la personne elle-même, qui choisit, qui se projette, qui élabore, qui décide pour elle.

Le pôle II présente, dans les textes examinés à ce jour, une asymétrie qui mérite d’être nommée comme telle. Sa présence discursive est généralement forte : il est énoncé, invoqué, posé comme horizon ou comme finalité. Son objectivation analytique est en revanche faible ou absente : la personne y est rarement saisie comme variable empirique dont les conditions d’exercice de l’agentivité sont examinées. Sa formulation peut varier d’un texte à l’autre (postulat structurel non examiné, horizon plus qu’objet, effet à produire plutôt que position dont le dispositif rendrait possible l’exercice, position à constituer plutôt que déjà conditionnée par les écarts du pôle I), mais le fait sous-jacent est constant dans les textes examinés. La cartographie du § 5 demande de l’examiner explicitement quand elle est présente.

Exemples canoniques, transversaux aux trois domaines : projet de vie, projet professionnel, élaboration personnelle, capacité à se projeter et à choisir, émancipation individuelle, choix d’orientation au sens fort, autonomie dans la construction du parcours. Dans le domaine scolaire, le pôle II est porté par la formule du « projet de l’élève ». Dans le supérieur, par la « réussite de l’étudiant » entendue comme appropriation par lui-même de son cursus. Dans le professionnel, par le « projet de la personne » au sens des dispositifs d’accompagnement (bilan de compétences, validation des acquis, conseil en évolution professionnelle).

Pôle III. Le pôle III désigne les dispositifs censés relier l’institution et la personne. La personne y est bénéficiaire d’une offre. L’agent du pôle III n’est ni la pure machine institutionnelle (pôle I), ni la personne en propre (pôle II) : c’est un dispositif intermédiaire, un service, un acteur professionnel, une plateforme, une offre. Le pôle III est le pôle de l’accompagnement.

Exemples canoniques pour le domaine scolaire : parcours Avenir, référents orientation, PsyEN, stages, plateformes informatives, certifications. Pour l’enseignement supérieur : services d’orientation des universités, journées portes ouvertes, dispositifs de réorientation, tutorat, plateformes d’information sur les formations. Pour le domaine professionnel : conseil en évolution professionnelle, opérateurs de bilan de compétences, organismes de formation, France Travail dans sa fonction d’accompagnement, plateformes publiques d’information sur les métiers.

Synthèse des positions. Pour chaque pôle, la position de la personne se résume ainsi.

Pôle I : objet d’une décision.

Pôle II : sujet d’une action.

Pôle III : bénéficiaire d’une offre.

Cette synthèse est utile pour le repérage rapide, mais elle ne dispense pas de l’examen au cas par cas. Un texte particulier peut nuancer une position, faire glisser une formulation d’un pôle à l’autre, ou laisser indéterminé qui occupe la position d’agent. Ces flottements sont eux-mêmes des objets de l’analyse.

Trois remarques sur l’usage du cadre.

D’abord, les pôles ne sont pas des catégories étanches. Un même énoncé peut activer deux pôles à la fois (par exemple un dispositif qui prétend faire de la personne le sujet de son projet tout en lui imposant un cadre procédural rigide active le pôle III dans sa forme et le pôle II dans sa promesse). Le travail de l’analyse n’est pas de trancher, c’est de qualifier la coexistence.

Ensuite, le pôle dominant d’un texte ne préjuge pas de sa qualité ni de son intérêt. Un texte centré sur le pôle I peut être lucide sur ses propres limites. Un texte centré sur le pôle II peut être creux. Un texte centré sur le pôle III peut être innovant ou répétitif. Le cadre ne juge pas, il décrit.

Enfin, le cadre ne se substitue pas à l’analyse de la langue (PROMPT 1, PROMPT 2), à l’analyse des présupposés (PROMPT D’ANALYSE DES PRÉSUPPOSÉS), ou à l’analyse des régimes de visibilité (PROMPT DES RÉGIMES DE VISIBILITÉ). Il porte sur la structure d’argumentation par l’agentivité, ce qui est un autre niveau. Le § 8 précise les frontières entre ces outils.

§ 4. Étape 1 : objet principal, qualification du pôle I, pôle dominant

Cette section est la première étape opérationnelle de l’analyse. Elle prépare la cartographie de la distribution (§ 5) et l’examen du profil d’articulation (§ 6). Elle se déroule en trois sous-étapes successives.

4.1 Identification de l’objet principal du texte

Avant toute application du cadre, Claude identifie ce dont le texte parle. L’objet principal est ce que le texte prend pour thème de travail. Il n’est pas nécessairement explicite dans le titre. Il peut être déduit de la table des matières, de l’introduction, ou de la formulation des questions de recherche ou des propositions.

Trois questions guident cette identification.

Quel est le thème central du texte ? Une procédure d’affectation (Parcoursup, Affelnet, conseil de classe) ? Un dispositif d’accompagnement (parcours Avenir, conseil en évolution professionnelle, bilan de compétences) ? Une promesse d’autonomie ou d’agentivité (projet de vie, élaboration du parcours, choix de la personne) ? Un mélange explicite de plusieurs ?

Quel est le ou les domaines concernés ? Scolaire, enseignement supérieur, professionnel et formation continue, ou un mixte ? L’enjeu n’est pas seulement géographique : un même mot, par exemple « accompagnement », ne désigne pas la même réalité dans le scolaire (où il renvoie au parcours Avenir et à un personnel professionnel défini), dans le supérieur (où il renvoie à des services hétérogènes), et dans le professionnel (où il renvoie à un écosystème d’opérateurs publics et privés).

Quel statut institutionnel a le texte ? Rapport parlementaire, circulaire, plan ministériel, prise de position d’acteur, contribution savante, manuel professionnel, témoignage, billet de blog, article de presse ? Ce statut n’est pas un préjugé sur la qualité du texte. Il oriente l’attente analytique : un rapport parlementaire est attendu sur sa cohérence prescriptive, une contribution savante sur sa cohérence conceptuelle, un témoignage sur sa cohérence expérientielle, un billet de blog sur sa cohérence argumentative.

Format de sortie pour 4.1.

Identification de l’objet principal

Thème central : [formulation brève, en une à deux phrases].

Domaine(s) concerné(s) : [scolaire / supérieur / professionnel / mixte, avec précision].

Statut institutionnel : [type de texte, avec mention du producteur si pertinent].

4.2 Qualification du pôle I selon le domaine

Le pôle I a une configuration variable selon le domaine, comme le § 1 l’a posé. Cette qualification est faite ici, avant toute analyse de la distribution, pour que l’examen du § 5 et du § 6 soit conduit sur une représentation correcte du pôle I dans le domaine concerné.

Trois questions guident cette qualification.

Quel ou quels acteurs occupent le pôle I dans le domaine du texte ? Pour le scolaire, l’État (ministère, rectorat, services déconcentrés, établissements publics) est l’acteur quasi unique du pôle I. Pour le supérieur, le pôle I est habité par l’État, par les établissements à autonomie variable, par les organismes intermédiaires (Hcéres, conférences d’établissements, France Universités), et par les dispositifs d’allocation transversaux (Parcoursup, Mon Master). Pour le professionnel, le pôle I est habité par l’État, les employeurs, les branches professionnelles, les opérateurs paritaires (France compétences, opérateurs de compétences), les financeurs, et le marché du travail dans sa fonction sélective.

Quelle est l’articulation interne entre ces acteurs ? Concentration (un acteur dominant qui fait l’essentiel) ? Pluralité (plusieurs acteurs qui se partagent les fonctions) ? Concurrence (plusieurs acteurs aux logiques divergentes) ? Hiérarchie (un acteur cadre, d’autres exécutent) ? Cette articulation interne au pôle I est elle-même un objet du diagnostic, et elle peut devenir saillante dans l’analyse si le texte la prend ou ne la prend pas en charge.

Le texte rend-il visible cette configuration ? Un texte peut nommer la pluralité du pôle I, la traiter comme évidence, la passer sous silence, ou la supposer concentrée alors qu’elle est plurielle. Cette visibilité ou invisibilité est un trait du texte qui sera réexaminé au § 5.

Format de sortie pour 4.2.

Qualification du pôle I

Acteurs du pôle I dans le domaine : [liste brève].

Articulation interne : [concentration / pluralité / concurrence / hiérarchie / mixte, avec précision].

Visibilité dans le texte : [rendue visible / supposée évidente / passée sous silence / supposée concentrée alors qu’elle est plurielle].

4.3 Détermination du pôle dominant

Le pôle dominant est celui dans lequel l’objet principal du texte se laisse principalement situer. Ce n’est pas le pôle le plus fréquemment cité dans le texte, c’est le pôle dans lequel le texte agit (par ses analyses, par ses propositions, par ses prescriptions, par sa narration).

Trois cas typiques.

Pôle III dominant. Le texte porte principalement sur un dispositif intermédiaire (parcours Avenir, conseil en évolution professionnelle, services d’orientation universitaires). Le pôle I et le pôle II y sont mobilisés, mais l’action du texte se concentre dans le pôle III. C’est le cas du rapport Bonnet-Croizier (Mission flash sur l’évaluation de l’accompagnement, 8 juillet 2025), centré sur les dispositifs d’accompagnement à la découverte des métiers.

Pôle I dominant. Le texte porte principalement sur une procédure d’allocation ou un mécanisme institutionnel (Parcoursup, Affelnet, capacités d’accueil, conseil de classe). Les pôles II et III peuvent être convoqués, mais l’action du texte se concentre dans le pôle I. C’est le cas du rapport Courbon-Gumbs (Mission flash sur Parcoursup, 17 février 2026), centré sur la procédure d’affectation post-bac.

Pôle II dominant. Le texte porte principalement sur une promesse, une vision, ou une exigence d’agentivité de la personne (projet de vie, autonomie, émancipation par l’orientation, formation de la personne). Ce cas est plus rare en discours strictement institutionnel, mais il est central dans certains textes programmatiques (textes sur le socle commun, textes sur la formation de la personne, certains textes pédagogiques ou militants).

Cas mixte. Certains textes ont un pôle dominant identifiable mais avec une part significative d’un autre pôle. Dans ce cas, le pôle dominant est qualifié comme tel, et la part secondaire est mentionnée comme inflexion à examiner au § 5.

Cas indéterminé. Si l’objet principal n’est pas inscriptible dans un pôle dominant unique (par exemple un texte qui prend pour objet l’articulation elle-même, ou un texte généraliste sur l’orientation comme champ), le pôle dominant est qualifié d’indéterminé. Cela est en soi un trait du texte, qui sera examiné au § 6.

Format de sortie pour 4.3.

Pôle dominant

Pôle dominant : [I / II / III / mixte / indéterminé, avec précision].

Justification : [une à deux phrases qui explicitent ce qui inscrit l’objet principal dans ce pôle].

Inflexions : [le cas échéant, mention d’un autre pôle activement présent dans le texte, qui sera repris au § 5].

4.4 Synthèse de l’étape 1

À la fin du § 4, Claude restitue à l’auteur une synthèse de l’étape 1 sous forme d’un encadré unique, qui reprend les sorties des trois sous-étapes.

Synthèse de l’étape 1

Objet principal du texte : [résumé en deux à trois lignes].

Domaine(s) : [scolaire / supérieur / professionnel / mixte].

Statut institutionnel : [type de texte].

Configuration du pôle I dans ce domaine : [acteurs, articulation, visibilité].

Pôle dominant : [I / II / III / mixte / indéterminé].

Inflexions : [le cas échéant].

L’analyse passe ensuite à la cartographie de la distribution (§ 5).

§ 5. Étape 2 : cartographie de la distribution

Cette étape examine comment chaque pôle est traité dans le texte, c’est-à-dire avec quelle ampleur, dans quels registres, sous quelles formes, et avec quelles modalités d’apparition. Elle ne cherche pas encore à examiner les articulations entre pôles (c’est le travail du § 6). Elle fournit la matière sur laquelle les articulations seront examinées.

L’étape 2 se déroule en trois sous-étapes parallèles, une par pôle. Elle peut être conduite dans n’importe quel ordre, mais il est généralement utile de commencer par le pôle dominant identifié à l’étape 1, puis de traiter les deux autres.

5.1 Pour chaque pôle : six questions de cartographie

Pour chaque pôle, six questions guident la cartographie. Elles sont posées dans le même ordre, ce qui permet de produire des cartographies comparables d’un pôle à l’autre et d’un texte à l’autre.

Question A : présence et ampleur. Le pôle est-il présent dans le texte ? À quelle ampleur, en termes d’occurrences, de passages développés, de propositions, de prescriptions, de récits ? Une ampleur ne se mesure pas seulement à la fréquence : un pôle peut être omniprésent par allusions et faiblement développé, ou peu cité mais structurellement présent par les enjeux qu’il pose en arrière-plan.

Question B : registres mobilisés. Sous quels registres le pôle apparaît-il ? Registre descriptif (le texte décrit ce qui est) ? Registre prescriptif (le texte recommande ou prescrit ce qui devrait être) ? Registre programmatique (le texte annonce ce qui est ou sera mis en œuvre) ? Registre critique (le texte met en cause un état de fait) ? Registre narratif (le texte raconte une expérience ou un parcours) ? Un même pôle peut être mobilisé sur plusieurs registres dans un même texte. La cartographie note la combinaison des registres et leur poids relatif.

Question C : agents nommés. Qui agit, ou qui est nommé comme devant agir, dans ce pôle ? Pour le pôle I, cette question reprend la qualification faite au § 4.2 et l’éprouve sur le texte : les acteurs annoncés dans la qualification sont-ils tous présents, certains sont-ils absents, d’autres apparaissent-ils sans avoir été anticipés ? Pour le pôle II, la personne est-elle nommée comme effectivement agissante, ou seulement comme appelée à l’être ? Pour le pôle III, quels dispositifs et quels professionnels sont mentionnés, sous quel niveau de précision ?

Question D : modalités d’apparition. Comment le pôle entre-t-il dans le texte ? Est-il posé d’emblée, comme évidence ? Est-il introduit comme problème ? Est-il invoqué en arrière-plan sans être thématisé ? Est-il mentionné en clôture, comme horizon ou comme reste ? Cette question fait apparaître la fonction rhétorique du pôle dans l’économie du texte.

Question E : zones d’ombre et silences. Qu’est-ce qui n’est pas dit du pôle alors que cela aurait pu l’être ? Un texte centré sur le pôle III peut laisser dans l’ombre les acteurs effectifs du pôle I qui conditionnent l’efficacité du dispositif. Un texte centré sur le pôle II peut laisser dans l’ombre les contraintes du pôle I qui limitent l’agentivité de la personne. Un texte centré sur le pôle I peut laisser dans l’ombre la manière dont ses procédures sont vécues par les personnes, ou inversement présenter ces procédures comme neutres alors qu’elles sont sélectives. La cartographie note ces silences sans les ériger en condamnation : elle les inscrit comme traits du texte.

Pour le pôle II spécifiquement, la cartographie examine systématiquement le rapport entre la présence discursive du pôle et son objectivation analytique. Le pôle II peut être massivement énoncé (par les termes de projet, de choix, d’autonomie, d’agentivité) sans pour autant être saisi comme variable empirique dont les conditions d’exercice sont examinées. Cette asymétrie, énoncée au § 3 comme un trait stable des discours sur l’orientation, doit être notée explicitement quand elle est présente, avec la formulation propre au texte analysé. Cette consigne ne s’applique pas symétriquement aux pôles I et III, dont l’asymétrie présence/objectivation n’a pas le même statut structurel.

Question F : formules saillantes. Quelles formules, quels termes, quelles expressions caractéristiques portent ce pôle dans le texte ? Pour le pôle I : « affecter », « réguler », « contingenter », « capacités d’accueil », « décider de », « critères ». Pour le pôle II : « projet », « choix », « se construire », « élaborer », « autonomie ». Pour le pôle III : « accompagner », « conseiller », « orienter au sens d’aider », « ressource », « offre de services ». Cette question fait le lien avec les outils sémantiques du module 2 (PROMPT 1, PROMPT 2). Si une formule pose une question de polysémie ou de présupposé, l’analyste pourra ensuite mobiliser les autres prompts. Mais ce n’est pas le travail de ce cadre-ci.

5.2 Format de sortie pour chaque pôle

Chaque pôle est restitué sous le format suivant.

Cartographie du pôle [I / II / III]

A — Présence et ampleur : [formulation brève].

B — Registres mobilisés : [liste avec précisions sur le poids relatif].

C — Agents nommés : [liste].

D — Modalités d’apparition : [formulation brève].

E — Zones d’ombre et silences : [formulation brève, avec exemples concrets ; pour le pôle II, mention explicite du rapport entre présence discursive et objectivation analytique quand l’asymétrie est présente].

F — Formules saillantes : [liste de termes ou expressions].

5.3 Synthèse de l’étape 2

Une fois les trois pôles cartographiés, Claude restitue une synthèse comparative sous forme d’un tableau à six lignes (les six questions) et trois colonnes (les trois pôles). Le tableau a un objectif précis : rendre visibles, d’un coup d’œil, les déséquilibres entre pôles. Un texte qui développe abondamment le pôle III sur tous les registres et qui maintient le pôle I à l’état d’évidence non thématisée donne à voir, dans le tableau, une asymétrie immédiate.

Tableau comparatif des trois pôles

Tableau à trois colonnes : Pôle I, Pôle II, Pôle III. À six lignes : présence et ampleur, registres, agents nommés, modalités d’apparition, zones d’ombre, formules saillantes. Chaque case en deux ou trois mots clés, avec renvoi au texte de la cartographie pour le détail.

Le tableau est l’output principal de l’étape 2. Il est conservé pour le § 6, où il sert de base à l’examen des articulations.

5.4 Demande de validation à la fin de l’étape 2

À la fin du § 5, Claude restitue la cartographie complète (les trois cartographies pôle par pôle, plus le tableau de synthèse) et demande la validation de l’auteur.

Souhaitez-vous valider cette cartographie, ou faut-il revenir sur l’un des pôles avant de passer à l’examen du profil d’articulation (§ 6) ?

C’est le premier point d’arrêt explicite de l’analyse. Il a pour fonction de stabiliser la base sur laquelle les articulations vont être examinées.

§ 6. Étape 3 : profil d’articulation

Cette étape examine comment le texte articule, ou n’articule pas, les trois pôles entre eux. Elle est l’étape proprement analytique de l’outil. Elle s’appuie sur la cartographie validée au § 5 et produit le résultat principal de l’analyse.

L’étape 3 procède en trois temps. D’abord, examen de chaque articulation possible entre pôles (6.1). Ensuite, mise en regard avec la distinction entre articulation analytique et articulation opératoire (6.2). Enfin, synthèse sous forme d’un profil d’articulation et restitution à l’auteur (6.3).

6.1 Examen des trois articulations possibles

Trois articulations sont possibles entre les pôles, deux à deux : I-II, I-III, II-III. Chacune est examinée en posant la même question : comment le texte traite-t-il cette articulation ?

Cinq réponses-types sont distinguées, qui forment le vocabulaire commun pour caractériser chaque articulation.

Opérée. Le texte articule les deux pôles explicitement. Il pose la relation entre eux, il la nomme, et il en tire des conséquences pour son analyse ou pour ses propositions. L’articulation est un acquis du texte.

Partielle. Le texte traite la relation entre les deux pôles, mais sans la traiter pleinement. Trois sous-cas peuvent être distingués, qui ne sont pas étanches et qu’un même texte peut combiner.

L’articulation directionnelle. Le texte opère l’articulation dans un sens (le pôle X agit sur le pôle Y) sans penser la rétroaction symétrique.

L’articulation asymétrique entre niveaux. Le texte opère l’articulation à un niveau (analytique, par exemple) sans l’opérer à l’autre (celui des pratiques ou des prescriptions). Ce sous-cas caractérise l’articulation elle-même comme partielle, et ne se confond pas avec la distinction du § 6.2 entre les deux niveaux qui caractérise chaque niveau séparément.

L’articulation délimitée par cadrage. Le texte opère l’articulation à l’intérieur d’un périmètre qu’il se donne, en excluant explicitement ce qui est hors de ce périmètre. Ce sous-cas se distingue de « ignorée » parce que l’exclusion est assumée par le texte.

La caractérisation d’une articulation comme partielle s’accompagne, dans la prose qui suit le tableau, d’une précision sur le ou les sous-cas observés et sur les passages du texte qui les attestent.

Esquissée. Le texte évoque la relation entre les deux pôles, mais sans la traiter pour elle-même. Elle apparaît dans une phrase, dans un alinéa, dans une note, mais n’est pas reprise dans la suite. Le texte la mentionne sans la travailler.

Ignorée. Le texte ne mentionne pas la relation entre les deux pôles. Cela peut être dû à un cadrage limitatif (le texte se donne pour objet l’un des deux pôles uniquement) ou à un véritable angle mort (le texte aurait dû la traiter, son objet l’appelait, et elle n’apparaît pas).

Rendue impossible. Le texte construit son raisonnement de telle manière que la relation entre les deux pôles ne peut pas être posée. Cela peut tenir à un présupposé (le texte présuppose une harmonie entre les pôles qui dispense de les articuler), à une partition étanche (le texte traite chaque pôle comme un domaine distinct sans pont possible), ou à un déplacement (le texte transfère la relation à un autre pôle qui prend la place).

Pour chaque articulation, Claude formule une caractérisation argumentée, en s’appuyant sur des passages précis du texte et sur la cartographie du § 5.

Articulation I-II. Comment le texte articule-t-il la décision institutionnelle (pôle I) avec l’agentivité de la personne (pôle II) ? Cette articulation est centrale dans les discours d’orientation parce qu’elle pose la question de la liberté de la personne dans un système qui décide pour elle. Le texte la traite-t-il comme une tension à arbitrer, comme une coexistence sans tension, comme une simple succession (l’institution décide, puis la personne s’adapte), ou la rend-il impossible ?

Articulation I-III. Comment le texte articule-t-il la décision institutionnelle (pôle I) avec les dispositifs intermédiaires (pôle III) ? Cette articulation pose la question de l’efficacité réelle des dispositifs : un dispositif d’accompagnement peut-il agir si les décisions institutionnelles qui contraignent les trajectoires sont prises ailleurs ? Le texte traite-t-il les dispositifs comme indépendants des contraintes institutionnelles, comme déterminés par elles, ou comme moyens de les inflechir ?

Articulation II-III. Comment le texte articule-t-il l’agentivité de la personne (pôle II) avec les dispositifs intermédiaires qui prétendent la soutenir (pôle III) ? Cette articulation pose la question de la médiation : les dispositifs sont-ils décrits comme aidant la personne à devenir sujet de son orientation, comme se substituant à elle, ou comme la maintenant dans la position de bénéficiaire passif d’une offre ? Cette question est sensible parce que beaucoup de discours d’orientation présentent comme évidente la fonction d’accompagnement, sans interroger le rapport entre la personne et ce qui prétend l’accompagner.

6.2 Distinction entre articulation analytique et articulation opératoire

Une articulation peut être présente dans l’analyse d’un texte sans l’être au niveau des actions, des pratiques ou des recommandations que le texte fait advenir, décrit ou prescrit comme effectives. Inversement, une articulation peut être à l’œuvre dans ce que le texte fait advenir ou prescrit sans avoir été analysée pour elle-même. Cette distinction, qui n’est pas un raffinement, est un trait observable du texte. Elle révèle la frontière entre ce qu’un texte peut voir et ce qu’il fait advenir. Le second niveau sera désigné dans la suite par la dénomination courte « niveau opératoire », qui recouvre les trois cas mentionnés (faire advenir, décrire comme effectif, prescrire).

Le test sur le rapport Courbon-Gumbs en a fourni le cas net : l’analyse articule les pôles I et III, mais les propositions opèrent presque exclusivement dans le pôle III. Le texte voit la dépendance des dispositifs aux contraintes de la procédure, mais ne propose rien sur la procédure elle-même. Cette dissociation est elle-même un objet du diagnostic.

Pour chaque articulation caractérisée en 6.1, Claude pose la question supplémentaire suivante. L’articulation est-elle opérée (ou esquissée, ou partielle) au niveau analytique, au niveau opératoire, aux deux, ou ni l’un ni l’autre ? Cette double caractérisation enrichit le profil d’articulation et fait apparaître les cas où le texte voit sans pouvoir agir, ou agit sans avoir analysé.

La dénomination « niveau opératoire » s’applique sans translation aux textes prescriptifs (notes de service, plans, circulaires) et aux textes hybrides savant-prescriptifs (rapports, communications scientifiques avec recommandations). Pour les textes savants purement descriptifs, qui ne prescrivent pas mais décrivent des pratiques, le niveau opératoire est celui des pratiques que le texte donne à voir comme effectives sur le terrain. Cette extension préserve la distinction entre ce que le texte voit et ce qu’il fait advenir, qui est l’objet de la distinction.

Quatre cas de figure se distinguent, par articulation.

Articulation analytique et opératoire. Le texte analyse la relation et fait advenir des actions, des pratiques ou des prescriptions qui la prennent en charge. C’est le cas idéal d’une cohérence interne du texte.

Articulation analytique seule. Le texte voit la relation mais ce qu’il fait advenir ne la traite pas. Le cas Courbon-Gumbs sur l’articulation I-III. Cette dissociation peut être lucide (le texte reconnaît qu’il dépasse son mandat) ou être une limite (le texte ne peut pas faire advenir ce qu’il aurait à faire advenir).

Articulation opératoire seule. Le texte fait advenir des actions ou prescrit des pratiques qui supposent une articulation, mais sans l’avoir analysée. Cas plus rare et généralement révélateur d’un présupposé non examiné.

Ni l’une ni l’autre. Le texte ne traite la relation ni analytiquement ni au niveau opératoire. C’est l’articulation ignorée, ou rendue impossible, du 6.1.

6.3 Mention des mécanismes complémentaires

Si le profil d’articulation laisse penser à une non-articulation systématique, c’est-à-dire si plusieurs articulations sont ignorées ou rendues impossibles, l’analyste peut chercher dans le texte des mécanismes qui prennent en charge la non-articulation : polysémie fonctionnelle (un même mot circule entre les pôles sans être stabilisé), simulation d’articulation (le texte donne l’impression de relier sans le faire), transfert de responsabilité (le texte délègue l’articulation à un autre acteur ou à un autre niveau), paradoxe (le texte tient ensemble des positions logiquement incompatibles).

Ces mécanismes ne sont pas des attendus génériques du cadre. Ils décrivent comment certains textes opèrent leur non-articulation, pas ce que le cadre prend en charge. Ils sont mentionnés ici comme phénomènes que l’analyste peut chercher, et qui peuvent appeler l’usage d’autres prompts du module 2 (PROMPT 1 sur l’analyse sémantique ciblée, PROMPT 2 sur le repérage de la polysémie, PROMPT D’ANALYSE DES PRÉSUPPOSÉS, PROMPT DES RÉGIMES DE VISIBILITÉ). Le § 8 précise les frontières.

6.4 Synthèse de l’étape 3 : le profil d’articulation

Claude restitue le profil d’articulation sous forme d’un tableau à trois lignes (les trois articulations) et trois colonnes (caractérisation, niveau analytique, niveau opératoire).

Profil d’articulation

Tableau à trois lignes : I-II, I-III, II-III. À trois colonnes : caractérisation (opérée / partielle / esquissée / ignorée / rendue impossible), niveau analytique (oui / non / partielle), niveau opératoire (oui / non / partielle).

Le profil d’articulation est ensuite restitué en prose, en deux à quatre paragraphes, qui formulent ce que la cartographie et le profil donnent à voir du texte. La prose est le lieu où la cartographie prend sens : elle restitue le mouvement de l’analyse, les nuances, les passages précis sur lesquels l’examen s’est appuyé. Lorsqu’une articulation est caractérisée comme partielle, la prose précise le ou les sous-cas observés (directionnelle, asymétrique entre niveaux, délimitée par cadrage).

Si des mécanismes complémentaires ont été identifiés en 6.3, ils sont mentionnés brièvement, avec indication que d’autres prompts du module 2 peuvent prendre le relais si l’analyste souhaite poursuivre.

6.5 Demande de validation à la fin de l’étape 3

À la fin du § 6, Claude restitue le profil d’articulation complet (tableau et prose) et demande la validation de l’auteur.

Souhaitez-vous valider ce profil d’articulation, ou faut-il revenir sur l’une des articulations avant de stabiliser l’analyse ?

C’est le second et dernier point d’arrêt explicite de l’analyse. Une fois validé, le profil constitue le résultat principal de l’outil. Le § 7 précise comment ce résultat est mis en forme.

§ 7. Format de sortie de l’analyse

Cette section précise comment les sorties intermédiaires des § 4, 5 et 6 sont restituées dans une analyse unifiée, accessible à l’auteur ou à un lecteur tiers, et conservable comme matériau exploitable pour une rédaction ultérieure.

L’analyse produite par l’outil combine deux modes de restitution : la prose et le tableau. Cette combinaison n’est pas un compromis. Elle reflète le fait que le cadre des discours sur l’orientation produit deux types de résultats, qui demandent chacun un format adapté.

La prose porte le mouvement de l’analyse. Elle restitue le cadrage de l’objet (§ 4), elle déroule la cartographie de la distribution (§ 5), elle formule le profil d’articulation et ses inflexions (§ 6). Elle est le lieu où la nuance se loge, où les passages précis du texte sont cités, où les zones d’ombre et les inflexions sont nommées sans être réduites à une case.

Les tableaux portent la comparabilité. Le tableau à six lignes du § 5 (présence et ampleur, registres, agents nommés, modalités d’apparition, zones d’ombre, formules saillantes) rend visible, d’un coup d’œil, la distribution des registres entre les trois pôles. Le tableau à trois lignes du § 6 (les trois articulations, en colonnes : caractérisation, niveau analytique, niveau opératoire) rend visible le profil d’articulation. Ces deux tableaux constituent le squelette comparatif de l’analyse, et ils sont conservés tels quels dans la sortie finale.

7.1 Structure de la sortie finale

La sortie finale de l’outil se présente sous la forme suivante.

Analyse au crible du cadre des discours sur l’orientation

Document analysé : [titre, auteur ou émetteur, date, source].

1. Cadrage de l’objet (étape 1)

Synthèse de l’étape 1 sous la forme arrêtée au § 4.4 : objet principal, domaine, statut institutionnel, configuration du pôle I, pôle dominant, inflexions.

2. Cartographie de la distribution (étape 2)

Tableau comparatif des trois pôles, à six lignes et trois colonnes, tel que stabilisé au § 5.3.

Prose en trois à six paragraphes, pôle par pôle, qui développe les éléments saillants de chaque cartographie. Citations brèves et passages précis du texte analysé.

3. Profil d’articulation (étape 3)

Tableau du profil d’articulation, à trois lignes et trois colonnes, tel que stabilisé au § 6.4.

Prose en deux à quatre paragraphes, qui formule ce que le profil donne à voir du texte. Les inflexions analytique / opératoire sont nommées explicitement. Si des mécanismes complémentaires ont été identifiés (6.3), ils sont mentionnés ici, brièvement.

4. Note méthodologique (facultative)

Si la pertinence du cadre a été qualifiée comme partielle au § 2, ou si le pôle I a été qualifié comme particulièrement complexe au § 4.2, ou si l’analyse a rencontré des limites, ces éléments sont consignés ici sous forme d’une note brève, qui inscrit dans la sortie ce que le cadre n’a pas pu faire ou ce qui demanderait à être éprouvé sur d’autres corpus.

Cette structure tient en trois ou quatre pages selon la richesse du texte analysé et la densité de la prose. Elle est lisible isolément, sans recours au prompt qui l’a produite. Elle est exploitable pour une rédaction ultérieure.

7.2 Une sortie n’est pas un texte publiable

L’outil produit une analyse, pas un post, pas un article, pas une note publiable. La sortie de l’outil est un matériau analytique, dont la forme est dictée par les exigences de l’analyse (exhaustivité de la cartographie, comparabilité des tableaux, restitution complète du profil d’articulation). Elle n’est pas dictée par les exigences d’un texte adressé à un lecteur, qui sont d’un autre ordre (longueur contrôlée, focalisation, accessibilité, voix d’auteur, dispositif rhétorique).

La conversion d’une analyse en texte publiable, si elle est entreprise, relève d’un travail distinct, qui mobilise des règles d’écriture propres et qui ne fait pas partie de cet outil. L’auteur reste seul juge de l’exploitation qu’il fait du matériau analytique : il peut en tirer un post unique focalisé sur un point, une série, une intervention orale, une note interne, ou décider de ne rien en faire de public. Cette décision n’appartient pas à l’outil.

7.3 Conservation et exploitation ultérieure

La sortie complète de l’outil est conservée comme matériau analytique de référence. Elle peut servir à plusieurs usages successifs. Comparaison avec d’autres analyses sur d’autres textes, à partir des deux tableaux. Reprise pour la rédaction d’un ou plusieurs posts. Inscription dans une série thématique. Citation dans une note de veille.

L’auteur peut également décider de ne pas publier l’analyse, de la garder comme document de travail interne, ou de n’en publier qu’une partie. Cette décision relève de l’auteur, pas de l’outil.

§ 8. Articulation avec les autres prompts du module analytique

Cette section précise comment le présent outil se distingue des autres prompts du module 2 et comment il dialogue avec eux. Elle a deux fonctions : prévenir la confusion (l’outil ne fait pas ce que d’autres prompts font), et faciliter le passage de l’un à l’autre lorsque l’analyse l’appelle.

L’outil porte sur la structure d’argumentation des discours sur l’orientation, par le critère de l’agentivité. Cet objet est distinct de celui des autres prompts du module 2, qui portent sur d’autres dimensions du texte. La distinction n’est pas hiérarchique : aucun outil n’est plus profond ou plus complet que les autres. Elle est analytique : chaque outil examine une dimension propre du texte, et le choix entre eux dépend de ce que l’analyste cherche à faire apparaître.

8.1 Distinctions nettes

PROMPT 1 V2 (analyse sémantique ciblée) examine la sémantique d’un terme ou d’un petit nombre de termes définis a priori. Il s’applique au grain du mot. L’analyste sait ce qu’il cherche : il prend un terme (par exemple « accompagnement » ou « orientation »), et il en suit les emplois dans un corpus. Le présent outil, au contraire, s’applique au grain de la structure : il examine la distribution des registres entre trois pôles, indépendamment du choix d’un terme particulier.

PROMPT 2 (repérage exploratoire de la polysémie) examine la polysémie sans cible préalable. Il fait surgir des phénomènes sémantiques que l’analyste n’avait pas anticipés. Il s’applique également au grain du mot, mais en mode exploratoire. Le présent outil ne cherche pas à révéler une polysémie ; il cherche à cartographier des positions et leurs articulations. Si une cartographie laisse apparaître qu’un même terme circule de façon problématique entre les pôles, le PROMPT 2 peut prendre le relais.

PROMPT D’ANALYSE DES PRÉSUPPOSÉS examine ce qu’un texte tient pour acquis sans le poser explicitement. Il s’inspire de Ducrot et travaille au niveau des énoncés et de leurs présupposés logiques. Le présent outil ne cherche pas à reconstituer les présupposés d’un texte ; il cherche à cartographier sa structure d’argumentation par l’agentivité. Un présupposé non examiné peut expliquer pourquoi une articulation est rendue impossible (§ 6.1), mais l’analyse du présupposé lui-même relève d’un autre prompt.

PROMPT D’ANALYSE MODULAIRE DES RÉGIMES DE VISIBILITÉ examine ce qu’un texte rend visible et ce qu’il laisse dans l’ombre, en s’appuyant sur la sociologie de Cefaï et Hassenteufel. Il porte sur les dispositifs de visibilité publique, sur les acteurs qu’un texte met en scène ou occulte, sur les espaces de problématisation. Le présent outil partage avec lui une attention aux silences et aux zones d’ombre (§ 5, question E), mais il les examine uniquement sous l’angle de la distribution des pôles d’agentivité, pas sous l’angle des régimes de visibilité publique.

8.2 Articulations possibles entre prompts

L’outil peut être utilisé seul, et il produit alors une analyse complète selon ses propres règles. Il peut aussi être utilisé en combinaison avec d’autres prompts du module 2, lorsque la cartographie ou le profil d’articulation laisse apparaître un phénomène qui appelle un autre type d’analyse. Trois articulations sont fréquentes.

Articulation avec le PROMPT 2. Si la cartographie du § 5 fait apparaître qu’un même terme (« accompagnement », « orientation », « projet », « parcours ») apparaît dans plusieurs pôles à la fois, ou s’il circule de façon problématique entre les pôles, le PROMPT 2 peut prendre le relais pour examiner sa polysémie. Cette articulation est typique des textes où la non-articulation entre pôles est en partie portée par une polysémie fonctionnelle.

Articulation avec le PROMPT D’ANALYSE DES PRÉSUPPOSÉS. Si le profil d’articulation du § 6 fait apparaître qu’une articulation est rendue impossible par un présupposé non examiné (par exemple un présupposé d’harmonie entre les pôles, ou un présupposé d’autonomie de la personne qui dispense d’examiner les contraintes), ce prompt peut prendre le relais pour expliciter le présupposé en cause.

Articulation avec le PROMPT DES RÉGIMES DE VISIBILITÉ. Si la cartographie fait apparaître des silences systématiques sur les acteurs du pôle I, ou si le texte met en scène certains dispositifs au détriment d’autres, ce prompt peut prendre le relais pour examiner la stratégie de visibilité que le texte met en œuvre.

8.3 Quand le présent outil est appelé par un autre prompt

Le présent outil peut également être appelé par un autre prompt, notamment par le PROMPT TESTEUR V2 lorsqu’il diagnostique qu’un document soumis relève du domaine de l’orientation. Dans ce cas, l’outil entre en mode appelé (§ 1), saute l’auto-diagnostic (§ 2), et engage l’analyse à partir du § 3.

L’outil peut aussi être appelé en complément d’une analyse déjà conduite par un autre prompt, lorsque l’auteur estime que la dimension d’agentivité a été insuffisamment travaillée. Dans ce cas, l’outil reprend l’analyse à son propre compte, sans présupposer ce que les autres prompts ont produit, mais en pouvant s’y référer si l’auteur le souhaite.

8.4 Une distinction de niveau

Une dernière distinction mérite d’être posée. Les prompts du module 2 cités plus haut (PROMPT 1, PROMPT 2, PROMPT D’ANALYSE DES PRÉSUPPOSÉS, PROMPT DES RÉGIMES DE VISIBILITÉ) examinent le texte au niveau de ses énoncés, de ses termes, ou de ses configurations sémantiques. Le présent outil examine le texte au niveau de sa structure d’argumentation, c’est-à-dire à un niveau plus haut, qui suppose une compréhension globale de l’objet et des positions distribuées.

Cette différence de niveau ne fait pas du présent outil un outil supérieur. Elle en fait un outil complémentaire, qui prend le texte sous un angle que les autres ne prennent pas, et dont les résultats peuvent appeler les autres outils en seconde lecture, ou être eux-mêmes éclairés par les résultats des autres outils en première lecture.